Retour au Kazakhstan

Retour à Almaty, que nous avions à peine visité. 

Lac Kolsay

Nous dormons au Backpacker’s Hostel, mais pas le temps de profiter, on se lève à 5h direction le parc national des lacs de Kolsay. La région d’Almaty est riche en excursions et nous n’avons plus énormément de temps devant nous avant notre vol pour la Chine le 30 septembre. L’horaire du bus pour Saty (d’où il faut prendre un taxi pour le parc) est très peu clair : on nous dit qu’il part à 6h, ou 7h, mais un jour sur deux (mais quel jour, ça c’est un mystère) ou bien encore que ce bus n’existe pas. On se dit qu’on va tenter d’être à la gare routière à 6h et la chance nous sourit car on tombe dessus directement. Arrivés au village, on nous dit qu’il faut prendre une jeep pour arriver jusqu’au lac. Du coup, c’est assez cher, on essaie de faire du stop mais personne ne passe, sauf un taxi-jeep, pas d’autre choix que de le prendre. On se rend vite compte qu’il est inutile d’avoir une jeep car la route est très bonne.

Nous pensions qu’il y aurait des yourtes pour dormir dans le parc même, mais le sentence est inéluctable : nous nous sommes faits avoir comme des débutants et il n’y a pas grand chose. Nous faisons face à un dilemme de type peste ou choléra : un hôtel à 50 euros la nuit, ou une cabane pourrie à 25 euros ? En réalité, nous n’avions pas encore vu la cabane à l’heure à laquelle nous devions choisir. Le propriétaire nous avait vendu ça comme une “guesthouse”. Nous acceptons et en voyant la cabane, on se dit que c’est mignon, rustique, etc… Il faut dire que le cadre n’aidait pas à la prise de décision éclairée : des petits chiens gambadent dans l’herbe, il fait beau, nous sommes au sommet d’une colline qui donne sur le premier lac, bref, nous payons les 25 euros sans même visiter (en même temps, on n’avait pas vraiment le choix).

Mignon petit chien ayant influencé notre décision (enfin surtout la mienne)

Nous déposons nos gros sacs pour faire le tour du lac et là on commence à réaliser l’ampleur de notre erreur : le plancher est criblé de trous, les couvertures du lit n’ont pas été lavées depuis le début de la saison (on a trouvé une vieille chaussette entre les draps, miam), et le “poêle à bois” pour avoir chaud la nuit est un espèce de trou crasseux qui n’est même pas dans la chambre. Le monsieur nous promet un repas du soir. Bon, c’est déjà ça de gagné. Il part chercher la viande à cheval. Nous discutons avec des rangers du parc qui cherchent le propriétaire de notre logement. On sort notre plus beau russe pour tenter de leur expliquer qu’il est parti au village, ça les fait beaucoup rire et nous partageons nos cacahuètes avec eux. Les Kazakhs sont toujours très heureux de parler avec nous et très patients face à notre manque de connaissance du russe.

Une photo de la cabane de loin, elle mérite pas mieux

Nous nous mettons en route pour notre ballade. Le lac est vraiment magnifique, et les touristes sont, comme souvent au Kazakhstan, très rares. Il y a trois lacs en tout, mais nous sommes arrivés trop tard pour aller plus loin que le premier (il parait que les deux autres sont encore plus beaux). Le mieux aurait été de camper mais nous n’avons pas le matériel. 

Le premier lac, apparemment le moins beau, mais c’est déjà pas mal !

 

On rentre donc dans notre cabane de luxe (ben oui, c’est le logement le plus cher depuis le début de notre voyage, et de loin), où un délicieux repas nous attend. Hahaha. Nous ouvrons la casserole pour trouver des morceaux de viande plein de gras et d’os, le tenancier accoure pour nous annoncer qu’il y a aussi des pommes de terre, on n’a qu’à les peler et les faire bouillir avec le reste. Ô joie ! Il commence à faire froid car la nuit tombe, on s’assoie à côté du feu avec notre maigre pitance. La viande est immangeable selon Nico, et moi je n’arrive pas à manger les pommes de terre tellement le reste me dégoute. Je suis au moins à 1000 sur l’échelle de boudinerie. On lit un peu au coin du feu pour essayer de profiter des rares avantages de cette situation, mais je ne râle pas beaucoup moins, alors on se couche tôt pour oublier. Heureusement que nous avons emporté nos “sacs à viande”, ces draps de soie bien utiles lorsque la literie est douteuse comme ici. Nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises car on entend des animaux gratter dans la cuisine. On se dit qu’ils ne viendront pas nous embêter jusque dans la chambre comme les portes sont fermées, mais c’était sans compter les trous dans le plancher. Nous entendons des froissements de plastique; ni une ni deux j’allume ma lampe frontale et je la braque sur nos sacs : plus rien ne bouge. Soudain, Nico aperçoit une souris qui file à toute allure dans un trou du mur. On balance nos sacs de nourriture dans la pièce d’à côté pour être tranquilles, mais les souris reviendront toute la nuit farfouiller dans nos affaires. J’essaie à chaque fois de les faire fuir avec ma lampe mais elles reviennent toutes les demies-heures et il va bien falloir que je dorme un peu. Je faillis donc à ma mission de sauvetage des sacs et m’endors pour quelques heures, le temps que le froid nous réveille (le feu s’est éteint) vers 7heures. Nico ne se doutait de rien, il s’est endormi à poings fermés en pensant qu’on avait chassé le nuisible la première fois.

La surprise est donc totale lorsqu’il s’aperçoit que les souris ont grignoté ses pilules de digestion du lactose ! Un comble alors qu’on avait du fromage en tranches dans l’autre pièce… Exaspérés, nous faisons nos sacs en triple vitesse, pour quitter ce trou à rats et aussi parce qu’il fait un froid de connard canard. On court, on vole jusqu’au parking pour s’enfuir de ce lieu maudit, mais on se rend compte qu’il n’y a pas un chat et le village est bien trop éloigné pour qu’on y aille à pied. Notre motivation retombe comme un vieux soufflé au fromage. On grignote un peu avant que les premiers touristes n’arrivent et qu’on puisse trouver un chauffeur jusqu’au village. Une fois en bas, on fait du stop et un couple de Polonais nous embarque dans leur superbe jeep de location. On bénéficie même du luxe de s’arrêter admirer l’Antilope Canyon.

Antilope Canyon

Charyn Canyon

Le couple nous dépose à la sortie du Charyn Canyon, nous devons donc trouver un autre lift jusqu’au canyon, situé 12 km plus loin. Nous marchons tout droit pendant plus d’une heure, chargés de nos gros sacs et en plein vent. Comme les voitures arrivent par derrière et que le vent souffle tellement fort qu’on n’entend pas les bruits de moteurs, nous ratons quelques véhicules, et ils ne sont déjà pas nombreux… En plus, les rares voitures sont presque toutes remplies et ne peuvent donc pas s’arrêter pour nous. On perd un peu espoir, quand une belle jeep s’arrête, avec à son bord Pei, un touriste Chinois qui a loué les services d’un chauffeur privé pour la journée. On se ballade donc avec lui dans la Vallée des Châteaux, jusqu’à la rivière Charyn, qui coule à un débit assez impressionnant. Le guide nous a prévenu de ne pas soulever de pierres, car on pourrait tomber nez à nez avec un scorpion. Nous sommes fin septembre, mais au coeur de l’été, la température peut monter jusqu’à 50 degrés et il faut amener assez d’eau pour toute la ballade.

Pei, Lisa et Nico

Nous avons de la chance : Pei rentre aussi à Almaty et son hôtel est proche de notre auberge de jeunesse. Le guide nous dépose d’ailleurs juste en face ! 

Almaty

Nous nous reposons quelques jours au Nice Hostel à Almaty, on regarde Netflix sur notre télé à écran plat et on profite de notre chambre sans souris ni trous dans le mur. On se ballade à pied dans la ville, qui est ma foi fort agréable, un peu à l’Européenne.

Bon pour le coup ça parait pas très européen

On retourne manger au restaurant géorgien auquel on avait été avec Pablo. Delicioso ! Ça nous donnerait presque envie d’aller en Géorgie…

J’ai faim ça y est

Big Almaty Lake

Pour clore en beauté notre séjour kazakh, nous visitons un grand lac à moins de 30 min d’Almaty. Nous attendons le bus pendant plus d’une heure, avant de se rendre compte qu’il ne passait pas ce jour-là car une course cycliste coupait le trajet du bus. On suit alors une famille kazakhe qui se rend au même endroit que nous pour passer le dimanche en montagne. On se rend compte que beaucoup de Kazakhs ont eu la même idée… C’est le premier endroit très touristique auquel on passe depuis qu’on est ici, et la nature en pâtit : les rives du lac sont jonchées de déchets. Le lac est situé à la frontière kirghize, et est de fait placé sous haute surveillance. Il est interdit d’en faire le tour, de se baigner et même de toucher l’eau. Nous ne croyons pas trop à toutes ces interdictions mais en s’approchant à 10 mètres de la rive, on se fait siffler par un policier qui n’a pas l’air rigolo. On remonte donc un peu pour pique-niquer et avoir une meilleure vue. On tente à nouveau le stop pour rentrer à Almaty et on trouve un Chinois qui aime le foot belge, puis un taxi qui accepte de ne pas nous faire payer. Au début de notre voyage nous n’osions pas tellement faire du stop, mais quand on se lance, on fait vraiment de belles rencontres et c’est un gain d’argent pas négligeable quand on voyage longtemps.

Plus bleu que bleu

Notre aventure kazakhe touche à sa fin et il est temps de nous envoler vers l’Empire du milieu.

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