Nos deux premières semaines au Kazakhstan

Non, vous ne rêvez pas, on a bel et bien décidé d’écrire un article sur ce blog désespérément vide! Nous n’avions pas encore trouvé le temps, ni ressenti le besoin d’écrire ici.Voici donc un condensé de nos deux premières semaines de vagabondage en Asie centrale.A l’origine, nous devions séjourner un mois entier au Kazakhstan, ce grand pays en Stan qui faisait peur à beaucoup de gens (surtout ma mamie, héhé). En effet, on s’était dit que le neuvième plus grand pays du monde méritait bien 30 jours de visite. Après coup, on aurait pu sans problème suivre le plan initial, mais je (Lisa) commençais à être un peu lassée de devoir passer 20 heures dans un train de nuit entre chaque attraction touristique. Je caricature, mais au Kazakhstan, les steppes interminables sont légion et certaines parties du pays sont assez vides. De plus, ce pays n’est pas du tout touristique et il dispose donc de peu d’infrastructures (difficulté de transport, barrière de la langue car quasiment personne ne parle anglais,…). Notez que la région d’Almaty au Sud fait exception et on a croisé bien plus de touristes et d’Occidentaux que partout ailleurs (on a dû rencontrer même pas 5 Occidentaux durant les deux premières semaines de notre périple).

Passons au vif du sujet : notre itinéraire pour les deux premières semaines.

 

Astana

Les 3 jours passés dans la capitale (littéralement, Astana veut dire capitale en kazakh) nous ont laissés perplexes. Cette mégapole en devenir est ultra moderne, bien que presque déserte! Nous avons eu l’impression (confirmée par nos discussions avec des Kazakhs) que le gouvernement injectait énormément d’argent pour étendre Astana, mais que les Kazakhs étaient finalement assez peu nombreux à s’y établir. Partout, les immeubles d’appartements émergent du sol mais restent quasiment vides, et les rues sont pour ainsi dire désertes. Par exemple, lorsque nous avons fait un tour devant le Palais présidentiel, nous étions les seules personnes sur l’immense place qui s’étend devant celui-ci, mais alors vraiment les seules.

Le Palais présidentiel vu du monument de Bayterek

 

On en est venus à se demander si ce n’était pas interdit d’y venir. Côté attractions touristiques, on vous conseille surtout de vous balader dans la ville pour y admirer les constructions flambant neuves du centre-ville. C’est assez impressionnant mais rien d’inoubliable non plus. La ville n’a pas énormément de charme car tout y est neuf et assez bling-bling. On sent que le gouvernement mise tout sur la capitale (au détriment du reste du pays, on le constatera plus tard).

La nuit à Astana

 

Nous avons eu la chance de trouver une super hôte sur Couchsurfing, Umit, une Kazakhe de 25 ans. Elle a vraiment été super sympa avec nous : elle nous a cuisinés des petits plats, montré comment acheter une carte de bus (un véritable casse-tête quand on ne parle ni russe ni kazakh) accompagnés dans la ville pour nous faire visiter, et même laissé un jeu de clé pour qu’on puisse rentrer chez elle quand on voulait. C’était notre première expérience avec Couchsurfing et on n’a pas été déçus.

 

Karaganda

Nous avons ensuite pris un bus jusqu’à Karaganda, une ville industrielle à deux heures de la capitale. En chemin, le chauffeur s’est arrêté pour prendre deux autostoppeurs, dont Simon, un Belge qui avait pris le même avion que nous depuis Bruxelles! Il voyage avec Klim, un Russe qui est sur les routes depuis plusieurs mois et qui a pour objectif de dépenser le moins d’argent possible (je crois qu’il avait à peine dépensé plus de 100 euros quand on l’a rencontré!). Arrivés à destination, on se met à la recherche de notre auberge de jeunesse. On se perd complètement, et dans les quartiers “pourris” de la ville en plus. Les baraques à moitié délabrées se succèdent sur fond de chiens galeux qui aboient à notre passage. Pas très réjouissant, surtout avec la brume et la nuit qui tombe.

Quartier douteux de Karaganda

 

Comme Klim parle russe, il demande le chemin à quelques rares passants qui nous font faire des tours et des détours pendant plus d’une heure. On commence à perdre patience et on suit une femme qui nous dit ne pas connaitre notre hostel, mais un autre qui serait le moins cher de la ville. On se résigne, tant pis pour notre réservation. Mais la vie est bien faite car elle nous emmène au bon hostel! Klim ne dort pas à l’auberge vu son budget, il part planter sa tente dans un coin, on se retrouvera demain pour visiter le Goulag, principale attraction touristique (peut-être bien la seule, après réflexion) de la ville.

Simon, Lisa et le couple qui nous a pris en autostop

 

Comme partout au Kazakhstan, les points touristiques sont mal desservis et nous devons prendre un bus puis marcher quelques kilomètres avant d’arriver au musée du Goulag, mais nous décidons plutôt de lever le pouce (une première pour Nico). La deuxième voiture s’arrête déjà! Il s’agit d’un couple d’une cinquantaine d’années, le mari nous a fait la conversation en russe, mais à ce moment-là nous ne parlions pas un traitre mot de russe. Rocambolesque, donc. Le petit monsieur nous dépose devant le musée et nous fait comprendre qu’il viendra nous rechercher au même endroit dans 2 heures pour nous conduire à l’arrêt de bus. Adorable. Le Goulag se situait à Dolinka, et seul le bâtiment administratif existe encore, il abrite désormais le musée consacré au camp de travail du Karlag (Karaganda Lager). Le musée en lui-même est très glauque, tout a été reconstitué (cellules de prisonniers, bureau des commandants,…) et ils n’ont pas lésiné sur les détails morbides. Une musique de film d’horreur est diffusée partout, et des traces de sang ont été peintes sur les murs… On se croirait presque dans une maison hantée à Disneyland.

 

Chimkent

Après cette joyeuse petite escale, direction le Sud et Chimkent, pour se réchauffer le corps et l’esprit (il y fait plus de 30 degrés). Clairement, nous ne sommes plus dans la même région (normal me direz-vous, après 20h de train de nuit). Notre auberge dispose même d’une piscine. Nous rencontrons deux Américains pensionnés qui font également le tour du monde. Ils habitent au Mexique et nous invitent dans leur maison lorsque nous serons de passage (en février normalement)!

Lisa et Yan, le fils du propriétaire de l’auberge

 

Nous décidons de faire une excursion d’une journée au parc national d’Aksou-Jabagly avec le fils du propriétaire de notre hostel (Dream Hostel) qui parle très bien anglais. Le parc est très beau, dommage qu’on n’y reste pas longtemps, ça mériterait d’y dormir une ou deux nuits. On croise trois (bébés) serpents très venimeux, c’est un peu la psychose tout le long du trajet pour moi. En plus, ma maman m’avait forcée en dernière minute à prendre un aspi-venin (sorte d’appareil pour enlever le venin des serpents, scorpions et autres joyeusetés) et je ne l’avais évidemment pas avec moi ce jour-là. Bon, tant que ce n’est que les bébés qu’on rencontre, tout va bien. Il y a aussi quelques léopards des neiges dans le parc, mais ceux-là sont bien plus difficiles à apercevoir (enfin bon, notre guide nous a quand même dit que c’était la première fois qu’il voyait un serpent en trente fois qu’il venait ici…). Nous redescendons pour manger le pique-nique qu’on nous a préparé. C’est en fait un barbecue amélioré (ouf il y a quand même des patates et des légumes pour moi), et le chauffeur-cuistot est juste explosé de rire pendant 15 minutes en apprenant que je suis végétarienne. Pour lui c’est un non-sens absolu et ce phénomène n’existe pas du tout au Kazakhstan. Il faut dire que la bouffe ici se compose essentiellement de viande et de pain, les légumes il faut batailler pour en avoir. Mais j’ai survécu, je vous rassure !

 

Turkestan

Turkestan et ses chameaux nous attendent. Très belle surprise au mausolée Yasawi, même si la coupole est en rénovation. On se perd dans les collines des alentours, au milieu des dromadaires en liberté (les chameaux, c’est pour les touristes qui veulent faire un tour entre leurs bosses). Je tombe amoureuse d’un bébé dromadaire qui se laisse approcher, mais je ne m’aventure pas trop, j’ai peur qu’il me crache dessus.

Dromadaire et mosquée près du mausolée Yasawi

 

Nous visitons aussi les ruines de Sauran, une espèce d’enceinte vieille de plusieurs siècles, au bord du désert de xx. Nous sommes encore une fois les seuls touristes, mais cette fois-ci on aperçoit aussi des archéologues qui font des fouilles sur le site. L’endroit aride, la poussière s’invite dans nos chaussures et se dépose partout sur nos vêtements. Les ouvriers sont équipés de turbans qui laissent juste apparaitre les yeux, nous ne somme pas aussi prévoyants. Nous sommes bientôt assoiffés, on avait pourtant prévu 3 litres d’eau! A savoir si vous souhaitez vous y rendre, surtout que nous étions à la mi-septembre et au coeur de l’été il peut faire plus de 50 degrés. Il n’y a quasiment pas d’ombre, et les quelques mètres épargnés par le soleil sont squattés par les chevaux sauvages. Nous revenons à la voiture après 1h de visite, c’est déjà bien assez vu la température.

Nico à Sauran

Almaty

Nous sommes bientôt à la moitié de notre séjour, et nous avons envie de nous poser quelques jours. On se questionne quant à la suite du programme, car deux semaines à Almaty, même s’il y a beaucoup à faire, c’est trop long. Du volontariat?

La réponse s’impose à nous lorsque nous rencontrons Pablo au Nomad’s hostel. On déconseille d’ailleurs cette auberge, les murs sont couverts de panneaux prévenant qu’on encoure toutes sortes d’amendes en laissant des miettes sur la table ou en nourrissant les pigeons. Très sympathique. Pablo est un Polonais qui voyage seul et il a pour projet de se rendre au Kirghizistan. Nous hésitions aussi à la faire, et comme le courant passe bien, c’est décidé.

A suivre dans un prochain article…

Pablo et Lisa au Kirghizistan

 

Alimentation

On s’est dit qu’il serait intéressant de faire un petit topo bouffe pour chaque destination. Comme certains le savent, Lisa est végétarienne et Nico est intolérant au lactose, ça peut être utile de savoir s’il est facile de se nourrir dans ces conditions.

Végétarien 

C’est un sacré défi au Kazakhstan, on ne va pas se mentir. Malgré ça, j’ai toujours trouvé quelque chose à me mettre sous la dent, mais clairement, mes repas ne ressemblaient à rien et ça me déprimait parfois. Mais point positif, le pain kazakh est délicieux, on en trouve partout, il est cuit devant vous et on le vend pour une bouchée de pain (ohoh).

Sans lactose 

C’était plus facile pour Nico, qui a pu goûter à presque tout sauf le Kumis, le lait de jument fermenté. Promis, il n’a rien raté car c’est infect (désolée les Kazakhs..). C’est un lait qui est devenu alcoolisé après fermentation, je n’avais jamais rien goûté de tel et grand bien m’en fasse 😀

Commentaires

  1. Nico

    Ils font tout en grand ! Taille du pays, taille du palais présidentiel ! Énorme…
    Je ne veux pas vous faire peur mais en Amérique du sud les repas veg’ c’est pas évident à trouver non plus !

  2. dipching

    Fantastique ! C’est merveilleux de lire ces compte-rendus car notre curiosité n’a pas de limites … C’est un peu comme si on était avec vous … Mais bien sûr on va se rencontrer quelque part sur cette grosse balle bleue … bientôt !

  3. Dominique Garnier

    Superbe compte-rendu ….. impressionnant coup de plume Lisa ! Je ne ferai jamais cette expérience car elle ne me ressemble pas …. mais grâce à vous je profite intensément de votre parcours par vos splendides photos et par vos commentaires. Suis très heureuse pour vous 2, ce projet tant attendu est déjà bien entamé maintenant ….. portez-vous bien, prenez soin de vous et continuez sur cet élan sans oublier de vous poser de temps en temps …. 😍💑 A très vite pour la suite les enfants …. Enoooormes bisousssssss d’amour

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